Comment calculons nous votre voile d'avant ?

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Ce que nous mesurons — et pourquoi votre voile se comportera bien en mer

  Tout commence par deux chiffres sur votre gréement

  Quand vous nous confiez la fabrication de votre voile d'avant, la première chose que nous demandons ne porte pas sur le tissu ni sur la couleur des laizes. Elle porte sur votre bateau.

  Deux mesures issues du gréement définissent l'espace dans lequel votre voile doit vivre :

  - I, la hauteur de l'étai : du pont jusqu'au point d'endraillage en tête de mât.
  - J, la base du triangle avant : du pied de mât jusqu'à l'attache de l'étai sur le pont.

  Ces deux valeurs ne sont pas des formalités administratives. Elles dessinent l'enveloppe exacte dans laquelle la voile doit s'inscrire. Une erreur de quelques centimètres sur J, et c'est un génois qui frotte sur les haubans — ou une surface
  inutilisée qui vous coûte de la vitesse à chaque bord. Nous insistons pour les vérifier, parfois plusieurs fois.


  Le taux de recouvrement : le choix que vous faites avant même de choisir un tissu

À partir de I et J, nous calculons la troisième dimension clé : le LP, la perpendiculaire depuis le point d'écoute jusqu'au guindant. C'est ce chiffre qui détermine si vous aurez un foc ou un génois — et à quel point il sera puissant.

  Le rapport LP/J exprime le taux de recouvrement :

  - Autour de 100 % : un foc qui passe seul devant le mât, idéal pour virer sans équipage.
  - Vers 130 % : un génois modéré, efficace par brise fraîche, qui pardonne les virements approximatifs.
  - À 150 % et au-delà : un grand génois très puissant par petit temps, qui demande en contrepartie une manœuvre attentive.

  Ce n'est pas qu'une question de surface. Augmenter le LP, c'est élargir la voile simultanément en pied et en profondeur — l'effet sur la puissance est bien plus grand que ce que le chiffre laisse supposer. Nous vous aidons à choisir le bon compromis
  selon votre programme de navigation et la composition de votre équipage.

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  Les trois bords qui donnent le caractère de la voile
  
  Une fois l'enveloppe posée, nous travaillons les trois côtés de la voile, chacun avec un rôle précis :

  Le guindant (bord d'attaque, cousu à l'étai) conditionne la façon dont l'air entre dans la voile. Nous y intégrons une légère courbe convexe — ce que l'on appelle la pré-banane — pour compenser les étirements du tissu sous charge et maintenir le
  profil voulu une fois hissé.

  La bordure (le bord bas) influe sur l'angle sous lequel le vent pénètre. Sa longueur détermine aussi la garde au sol et la facilité de passage en virement.

  La chute (le bord de fuite, côté écoute) est le bord libre. C'est lui qui "parle" le plus en mer : une chute trop fermée bloque l'air en tête de voile et pénalise la vitesse ; trop creuse, elle vibre et fatigue le tissu. Nous la profilons selon
  votre navigation : croisière côtière, hauturière, régate.

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  La coupe : là où les chiffres deviennent une voile
  
  Les dimensions définissent l'enveloppe. La coupe, elle, fabrique le profil — cette forme en aile qui génère la poussée.

  Pour les voiles de croisière, nous découpons les laizes horizontalement, parallèlement à la bordure. C'est une coupe éprouvée, robuste, bien adaptée aux tissus polyester. Pour les voiles en tissu technique ou dès que les dimensions deviennent
  importantes, nous passons à une coupe radiale : les laizes rayonnent depuis les trois points de charge (tête, amure, écoute), là où les efforts se concentrent. La voile résiste mieux dans le temps et conserve son profil plus longtemps.

  Dans les deux cas, nous visons un creux entre 12 et 18 % de la corde selon votre usage — plus généreux pour le petit temps, plus plat pour tenir la brise. Et nous positionnons ce creux à environ 40 % de la corde depuis le guindant : c'est là qu'il
  travaille le mieux pour accélérer le vent sur l'extrados.

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  Ce que cela change pour vous en mer
  
  Une voile bien calculée et bien coupée se règle facilement. Elle n'a pas besoin d'être surboardée pour travailler, ni d'être perpétuellement retouchée au winch. Elle garde son profil de 8 nœuds de vent à 22 nœuds, et elle vieillit bien parce que les
  efforts se répartissent là où le tissu est dimensionné pour les encaisser.

  C'est pour ça que nous commençons toujours par les mesures du bateau — et pas par le catalogue.

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